La tension est à son comble en Israël, après un série d’attaques qui ont fait 7 morts du côté israélien et 33 du côté palestinien, depuis début octobre. Un caméraman de France 2, Hofset Nalbandian, en a fait les frais, mercredi 14 octobre. Il a été roué de coups par des membres des forces de l’ordre et des passants, alors qu’il se trouvait sur la scène d’un attentat contre un bus, à Jérusalem.

Une agression dénoncée par la Foreign Press Association (FPA) dans un communiqué, et filmée par le Jerusalem Post. Francetv info a contacté Franck Genauzeau, le correspondant de France 2 à Jérusalem, qui se trouvait avec le caméraman. Il nous raconte l’incident.

Francetv info : Comment s’est déroulée l’agression ?

Franck Genauzeau : Nous étions sortis tourner un reportage, quand nous sommes tombés sur une scène de panique, non loin du bureau. J’avais deux caméramans avec moi : le premier a suivi les forces de sécurité, le second, Hofset, est resté avec moi, et nous nous sommes très vite retrouvés sur le lieu de l’attaque. Nous avons commencé à filmer, et à un moment donné, nous avons été séparés pendant deux minutes.

Je l’ai retrouvé en sang. Il m’a dit : « Tire-moi de là, tire-moi de là, ils vont me tuer. » Je l’ai emmené jusqu’à notre 4×4 dans lequel nous nous sommes enfermés. Là, il m’a expliqué qu’il avait été roué de coups sans raison.

Il filmait un attroupement d’hommes armés, près du bus visé par l’attaque. Il se trouvait à l’endroit même où l’assaillant avait été abattu, mais je ne suis même pas sûr qu’il l’avait vu. Une membre des services de sécurité, sans doute une garde-frontière, s’est jetée sur lui en hurlant de ne pas filmer. Il a répondu « OK », et il a reculé. Là, deux gardes l’ont attrapé d’un coup et l’ont emmené plus loin. Ils l’ont mis au sol et il a été frappé, par eux et par des passants.

Savaient-ils qu’il était journaliste ?

Hofset a dit en hébreu qu’il était journaliste, et sa caméra était clairement visible. On voyait bien que ce n’était pas du matériel d’amateur. On ne portait pas de badge, de brassard ou de gilet « Presse », parce que nous sommes arrivés sur les lieux dans la précipitation et qu’à ce moment-là, l’image prime. Je filmais moi-même la scène de l’attaque avec mon iPhone et je n’ai pas été embêté. Je pense qu’ils m’ont pris pour un passant.

Mais dans ces moments-là, il y a une telle effervescence, une telle hystérie, que quand les gens voient un type plaqué au sol par les forces de sécurité, ils se disent qu’il est forcément suspect.

Comment s’en est-il sorti ?

Sur les images postées par le Jerusalem Post [Hofset Nalbandian porte un tee-shirt vert], on voit un garde-frontière lui donner un coup de pied dans la tête, mais aussi deux policiers qui tentent de calmer tout le monde, parce qu’ils ont compris qu’ils avaient affaire à un journaliste. Les coups ont cessé et il a pu se relever. Je l’ai retrouvé à ce moment-là.

Il était sous le choc, tout tremblant, avec la bouche en sang, l’arcade abîmée, des plaies sur les bras. Je l’ai emmené à l’hôpital, où il a été rapidement pris en charge. Il a eu trois jours d’arrêt de travail, avec un léger traumatisme facial, des plaies et des contusions. On va s’assurer qu’il va bien avant qu’il reprenne le travail.

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