Né en France, Moussa Nouï est pourtant menacé d’expulsion vers l’Algérie

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Moussa Nouï est né en France en 1962 mais a toujours été considéré de la même nationalité que ses parents. Contrairement à ses frères et soeurs, on lui refuse la nationalité française malgré tous ses justificatifs. Il est aujourd’hui menacé d’expulsion vers l’Algérie, un pays qu’il ne connaît pas.

Né de parents algériens en 1962 à Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône, Moussa Nouï est menacé d’expulsion vers l’Algérie. Dans un entretien accordé à La Provence, il affirme pourtant n’avoir jamais quitté la France et ne pas connaître le pays de ses parents. Contrairement à tous ses frères et soeurs, le Tribunal Administratif lui refuse d’accéder à la nationalité française. Il a toujours vécu dans l’Hexagone, mais en tant que ressortissant algérien, bénéficiant de cartes de séjour. Une situation incompréhensible pour lui et sa famille.

« A Port-de-Bouc, je fais partie des meubles »

Moussa Nouï est actuellement sans papiers. Sa carte de séjour, il ne l’a pas renouvelée. « Je n’en voyais pas l’utilité. Je me suis toujours considéré comme Français », clame-t-il au quotidien régional, même s’il avoue avoir « eu tort » de ne pas le faire. Mais aujourd’hui, le Tribunal ne souhaite pas lui accorder la nationalité à laquelle il entend avoir le droit et se retrouve menacé d’expulsion vers l’Algérie. Pourtant, Moussa a, semble-t-il, tout tenté pour régulariser sa situation. La Cour d’appel estime cependant qu’il n’a pas prouvé « sa présence continue sur le territoire français ni depuis sa naissance, ni même depuis dix ans ».

« Je n’y comprends rien », confesse-t-il encore. « J’ai fourni mes certificats de scolarité. J’ai fait faire des attestations de personnes dignes de foi, comme les élus de Port-de-Bouc, qui me connaissent depuis tout petit. » Mais, Moussa a semble-t-il aussi complété son dossier avec tout ce qui pouvait valider sa résidence en France depuis 51 ans: fiches de médecins, de clubs de sport, d’amendes payées en France, etc. Face à la caméra de France 3, il étale sur la table d’autres papiers, officiels ceux-là: fiches de paie, relevés de retraites, déclarations d’impôts, mais rien n’y a fait. Le tribunal a refusé sa demande.

A tout moment, il pourrait donc être obligé d’aller en Algérie. Mais, rien ne l’y attend. « Il n’y a rien pour moi là-bas. Ce n’est pas ma religion, ni ma culture et je n’y connais personne. A Port-de-Bouc, je fais partie des meubles. Tout le monde me connaît, je connais tout le monde », se défend-il. Au micro de France Bleu, avec son accent provençal, Moussa Nouï se dit « hors de lui ». Ma vie « est ici », plaide-t-il. Sans papiers, il ne peut actuellement plus se soigner ni honorer les « promesses d’embauche » le concernant. Sa situation semble inextricable.

« Totalement intégré dans la société française »

Pour son avocate non plus, cette histoire n’a pas de sens. Moussa Nouï est « totalement intégré dans la société française. Il n’a aucun lien avec l’Algérie. D’ailleurs, il n’a pas de passeport », ironise-t-elle sur France Bleu. Dans La Provence, elle avoue également que le dossier de son client est « caricatural ». « Son problème, c’est qu’il est célibataire et que les tribunaux ont toujours plus de facilités à expulser un célibataire qu’une personne mariée avec des enfants », dénonce-t-elle. Et concernant la remise en cause d’attestations sur l’honneur d’élus de la République, cela lui semble tout aussi aberrant.

Derrière chance pour son client, retourner en Préfecture déposer un nouveau dossier, ou de se pourvoir en cassation. En attendant, il peut être expulsé « du jour au lendemain.

Source : lexpress

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