Pierre Vermeren au Monde : «Hollande évoquera avec Mohammed VI le départ du général Toufik»

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Cité par le journal Le Monde pour commenter la visite officielle qu’effectue François Hollande au Maroc à partir de samedi, l’universitaire français et spécialiste du Maroc Pierre Vermeren a estimé qu’au-delà de la volonté de mettre en scène l’amitié entre les deux pays, les dossiers de fond qui seront évoqués par les deux souverains «ne manquent pas», citant «le récent départ du chef du renseignement algérien, le général Toufik» en tête d’une longue liste de questions d’actualité : «(…) La question des combattants étrangers qui rejoignent l’Etat islamique en Syrie et en Irak, la guerre au Yémen, la situation au Sahara, ou encore le soutien de la France à la position marocaine sur le Sahara occidental…»

C’est dire l’extrême sensibilité que revêt cet événement pour les Français et nos partenaires régionaux, certainement plus concernés que d’autres par les éventuelles répercussions de ces changements sur la situation régionale, vu le rôle prépondérant que joue l’Algérie dans le domaine de la sécurité et plus particulièrement dans celui de la lutte contre le terrorisme et la contrebande transfrontalière. Il faut dire que le changement intervenu à la tête des services de sécurité algériens a suscité de larges commentaires dans la presse parisienne, mais, surtout, au Maroc où la presse locale s’interroge sur l’avenir des relations avec l’Algérie, et de ce qui adviendra notamment du dossier épineux du Sahara Occidental et de la question des frontières qui revêt pour Rabat une importance vitale. D’où l’intérêt accordé par les journaux marocains au profil du nouveau patron des services algériens, le général Athmane Tartag, et à sa position par rapport à la question nodale du Sahara Occidental, en se lançant dans des spéculations.

Dans leurs campagnes d’hostilité contre l’Algérie, les journalistes à la solde du Makhzen n’ont jamais cessé de qualifier le pouvoir algérien de «régime totalitaire», et se gargarisent sur les plateaux de télévision en disant que le peuple algérien est «gouverné par les moukhabarate», «ploie sous la misère», tout en dénonçant le «surarmement» de l’Algérie et ses intentions «expansionnistes».

Mis à mal par l’échec de toutes les pressions que leurs alliés européens, dont les Français, tentent d’exercer sur Alger pour l’amener à accepter un «dialogue direct et ouvert» avec Rabat, les Marocains ne désespèrent pas de regagner la confiance de leur parrain, en lui accordant davantage de facilités, puisque des représentants de grandes entreprises françaises, dont la SNCF, Alstom, CMA-CGM, Renault ou encore Veolia, feront partie de la délégation française.

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